La Suisse est à la traîne en matière de régulation sur la protection des données

Oui, la Suisse risque d’accueillir des entreprises qui ne pourraient pas opérer en Europe. L’absence de sanction, qui demeure malheureusement en grande partie dans le projet, et qui je l’espère sera corrigé par le parlement, signifie que l’on aura d’un côté un règlement européen qui fait peur et que l’on aura envie de respecter, et de l’autre la LPD qui donne des recommandations dont on a fortement envie de s’affranchir.

En l’absence de révision, la Suisse pourrait perdre son statut de pays adéquat et voir le transfert de données de l’UE vers la Suisse fortement compliqué, ce qui serait préjudiciable à tous les sous-traitants suisses. Si la Suisse veut combler son retard en matière de numérique, elle doit se doter immédiatement d’un cadre légal favorisant un traitement respectueux des données qui ne soit pas inférieur aux standards internationaux.

En Suisse, la dernière loi en la matière de protection des données date de 1992. En 2016, suite à la révision de la législation y relative au sein de l’Union européenne, le Conseil fédéral a envoyé en procédure de consultation un avant-projet consacré à la révision totale de cette loi et, en automne 2017, il adoptait le projet et le message relatifs à sa révision. Mais en janvier dernier, la Commission des institutions politiques du Conseil national décidait pour sa part de scinder le projet de révision en deux projets distincts: d’abord la protection des données sous l’angle policier et sécuritaire, ensuite seulement le contrôle des plateformes et la protection des utilisateurs, au mieux l’an prochain. Ce qui fait bondir certains qui estiment que cette approche fera de la Suisse un refuge pour les responsables de traitements douteux qui ne pourraient plus opérer en Europe et les droits des citoyens ne seront pas plus protégés qu’ils ne le sont aujourd’hui.

Source : Lausanne Cités

La Suisse est en retard en matière de protection des données personnelles

Les futures règles de l’Union européenne (UE) sont censées mieux encadrer les activités d’entreprises comme Facebook, qui brassent des millions de données chaque jour. Les utilisateurs, eux, seront mieux protégés.

Mais en Suisse, la modernisation de la législation en la matière prendra encore plusieurs années. Les utilisateurs suisses devront donc encore patienter et plusieurs spécialistes de la protection des données protestent contre ce retard.

Le Parlement a opté en janvier pour un examen en deux temps: d’abord la protection des données sous l’angle policier et sécuritaire et ensuite seulement le contrôle des plateformes et la protection des utilisateurs, au mieux l’an prochain.

Source : RTS Info

L’économie suisse en danger

La stratégie décidée par la Suisse est «dangereuse», le risque de se reposer sur des institutions étrangères s’apparente à un «naufrage» qui pourrait s’avérer «cataclysmique». Cette semaine, des sommités du monde académique, des avocats, des responsables de l’économie et des préposés à la protection des données sonnent l’alarme: si la loi actuelle sur les données n’est pas révisée rapidement, les conséquences pour la Suisse pourraient s’avérer désastreuses.

Dans leur lettre, la vingtaine de personnalités estiment qu’une «mise à jour de la loi suisse est indispensable et urgente». «En conservant une loi qui a plus de vingt-cinq ans, la Suisse risque de perdre son statut de pays équivalent, ce qui rendrait le transfert de données de l’UE vers la Suisse plus compliqué. Les sous-traitants et fournisseurs de services suisses seraient particulièrement désavantagés», affirment les signataires. Parmi eux se trouvent Edouard Bugnion, professeur à l’EPFL et vice-président pour les systèmes d’information, Sébastien Kulling, responsable de Digitalswitzerland pour la Suisse romande, ou encore Sophie Michaud Gigon, secrétaire générale de la FRC.

Selon eux, «le RGPD ne doit pas être un standard qui se substitue au cadre juridique suisse. On voit pourtant déjà des entreprises suisses affirmer leur conformité au droit européen, en l’absence de référentiel valable en Suisse.» «La commission du National a pris une décision absurde en janvier, c’est une hérésie de perdre autant de temps», affirme Jean-Henry Morin, professeur de systèmes d’information à l’Université de Genève, initiateur de cette lettre avec l’avocat Sylvain Métille.

Source : Le Temps

Swiss Made Security : RGPD pour les PME : ce qui change pour les entreprises suisses – Genève 10.04.2018

Le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD-GDPR) entrera en application le 25 mai 2018. Quel sera l’impact sur les entreprises, notamment les PME genevoises? Le DSE (Département de la sécurité et de l’économie du canton de Genève) et le Clusis en partenariat avec la FER Genève ont le plaisir de vous convier à une seconde conférence traitant de ce sujet.

Un kit d’accompagnement à la mise en conformité au RGPD sera disponible auprès d’experts à l’issue de la conférence

Programme

  • Accueil dès 16h30
  • Mots d’introduction
  • Révision totale de la loi fédérale sur la protection des données, une réponse suffisante au RGPD?
  • Enjeux du RGPD pour les entreprises genevoises
  • Mise en oeuvre pragmatique du RGPD dans les entreprises suisses
  • Protection des données: plus qu’un changement de loi
  • Table ronde
  • Mot de clôture
  • Apéritif réseautage

Intervenants

  • Gianfranco Moi, Directeur général adjoint de la Direction générale du développement économique de la recherche et de l’innovation (DG DERI)
  • Enrico Viganò, Président du Clusis
  • Nicholas Niggli, Directeur général de la Direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation (DG DERI), représentant le Département de la sécurité et de l’économie
  • Jean-Philippe Walter, Préposé fédéral suppléant à la protection des données personnelles et à la transparence
  • Sébastien Fanti, Avocat et notaire spécialisé dans la protection des données, la propriété intellectuelle, le droit pénal des réseaux informatiques, le droit d’internet et le droit des affaires
  • Claude Lachat, Senior consultant indépendant
  • Dan Spahr, Collaborateur scientifique, economiesuisse, domaine économie, formation et digitalisation
  • Nicolas Vernaz, Expert reconnu pour la mise en conformité avec les différentes réglementations (RGPD, LPD, FINMA)
  • Véronique Kämpfen, Directrice communication FER Genève
  • Raoul Diez, Directeur contrôle et sécurité FER Genève

Source : FER