Guerre de l’information et politique : quelles conséquences pour la sécurité de la Suisse ? par Kilian Cuche

Guerre de l’information, guerre hybride… ces termes sont utilisés pour redéfinir ce que sont devenus les conflits du 21 ème siècle. Les moyens ont changé, mais les objectifs restent les mêmes : imposer sa volonté que cela soit par la force, la persuasion ou la déstabilisation politique.

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Source : Revue Militaire Suisse

Intelligence Economique et politique : mémoire de Bachelor de Kilian Cuche

Cette étude, réalisée dans le cadre du Bachelor en Information Documentaire de la Haute École de Gestion de Genève, a pour objectif de déterminer les pratiques actuelles et les besoins futurs en Intelligence économique (IE) dans les cinq plus grands partis politiques suisses.

Pour mener à bien cette étude, une introduction théorique a été réalisée afin de cerner le sujet et présenter les différentes notions abordées lors de l’enquête. Plus particulièrement l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le domaine de la communication d’influence, des relations publiques et du marketing politique ainsi que leurs liens avec les pratiques d’IE.

Afin de récolter les données, un questionnaire a été envoyé aux parlementaires et secrétariats fédéraux et cantonaux des cinq plus grands partis politiques suisses, à savoir l’UDC, le PS, le PLR, le PDC et Les Verts. De plus, des interviews ont également été menées avec certains politiciens et professionnels afin d’enrichir et approfondir l’analyse.

Voici les résultats importants qui ressortent de cette enquête :

  • Les dangers apportés par les TIC dans les processus politiques ne sont pas compris dans leur globalité ;
  • L’IE est encore une thématique vague pour la classe politique suisse ;
  • Les pratiques en IE ne sont pas uniformes entre les partis politiques ;
  • En comparant les trois piliers de l’IE, on constate des manques de pratiques au niveau de la veille et de la protection des informations par rapport à l’influence ;
  • De manière générale, les prestations en IE ne suscitent pas un grand intérêt auprès de la classe politique suisse

Il reste donc encore un grand travail de sensibilisation à faire concernant l’usage des nouvelles technologies et leur impact sur les processus politiques. De plus, la valeur ajoutée de l’IE est encore trop méconnue de la classe politique. Il est donc nécessaire de continuer à promouvoir cette discipline sur tous les terrains, y compris en dehors de la sphère de l’entreprise.

Un état du marché des entreprises suisses proposant des services qui peuvent répondre aux besoins en IE des partis politiques a également été réalisé. Il se trouve que plus de 3000 entreprises présentes en Suisse sur le marché très large de l’IE (veille, protection, influence) ont été recensées dont 40 qui couvrent complètement le spectre de l’IE. La veille est le domaine de l’IE le moins représenté sur le marché.

Source et document complet : RERO DOC

Le fédéralisme contre les manipulations politiques – Lausanne 30.05.2018

Le marketing politique est désormais équipé de puissants outils qui permettent d’influencer l’issue des scrutins. Canal de propagation de nombreuses manipulations politiques, le réseau social Facebook s’est récemment retrouvé au cœur d’un scandale lié à la diffusion de données personnelles des utilisateurs.

La Suisse est cependant relativement immunisée contre la propagande politique moderne (fake news, big data, astroturfing, etc.) grâce au fédéralisme et à son système politique de milice. C’est l’hypothèse que nos deux conférenciers viendront défendre, en s’appuyant sur les travaux du philosophe et mathématicien Nassim Nicholas Taleb.

Selon Taleb, la Suisse est le pays le plus anti-fragile du monde. Il définit l’anti-fragilité par la capacité non pas à résister à un choc mais à en profiter. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste identique; ce qui est anti-fragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui est modifié sur la longue durée, à l’instar de notre système politique.

M. Alain Mermoud est doctorant à HEC Lausanne. Il a développé un intérêt marqué pour l’œuvre de M. Taleb après l’avoir côtoyé professionnellement dans le monde bancaire. M. Kilian Cuche est étudiant en sciences de l’information et réalise actuellement une étude sur les besoins et pratiques en Intelligence Economique dans les partis politiques suisses. Ils nous présenteront ce sujet mercredi prochain 30 mai, à 20 heures, dans les locaux de la Ligue vaudoise, place du Grand-Saint-Jean 1 à Lausanne.

Source : Ligue Vaudoise