Intelligence artificielle et guerre de l’information

Cette éthique dans le développement de l’intelligence artificielle est-elle une notion partagée par toutes les entreprises, et tous les pays ?

Soyons lucides : une éthique toute relative qui n’en oublie jamais pour autant le sens émérite des affaires… Ces passes d’armes « éthiques »  par médias interposés le laissent à penser très fortement, dès lors que l’on se penche un petit peu sérieusement, et en profondeur, sur le contexte d’apparition de ses débats « sociétaux ». Un timing toujours bien réglé, et souvent opportun en deuxième rideau, se fait souvent jour. Car nos industriels ont aussi des agendas chargés que promeuvent et « portent » bien souvent au-devant de la scène dans l’espace public, des associations d’apparence « philanthropiques », afin de relayer en réalité certaines visées commerciales du moment, se jouant elles en coulisses. Les contrats militaires de grande envergure se gagnent aussi à travers les « médias-caisses de résonances ». La guerre de l’information et les actions d’influence y font souvent rage entre nations. Mais aussi entre industriels eux-mêmes, avides de gains institutionnels : question de survie économique ! 

En guise d’illustration, rappelons-nous à ce propos des fuites très opportunes de documents confidentiels dans le quotidien « The Australian », en lien avec la vente des sous-marins du constructeur français de défense DCNS… « Guerre économique oblige » avait-on conclu à l’époque dans le milieu des spécialistes de l’intelligence économique. Il y a encore peu, c’était plutôt les intelligences artificielles « stupides » qui focalisaient les attentions inquiètes de nos gentils savants californiens philanthropes, comme le relayait Toby Walshsur la chaîne américaine ABC en 2017, à gorge déployée. Si les armes autonomes n’en sont pour la plupart qu’au stade de prototypes, il est certain qu’elles arriveront sur le marché de la guerre d’ici à très peu de temps, prédisait le chercheur. Idem pour les IA génératrices de textualités intelligentes automatiques qui nous occupent dans cette tribune… Pour preuve, la publication opportune de son livre sur la question la même année au titre tapageur : « It’s Alive !- Artificial Intelligence from the Logic Piano to Killer Robots ».

Et tout naturellement, elles attisent les convoitises stratégiques des militaires, et pécuniaires des industriels… Pour DCNS, la lecture la plus simple est que cette fuite constituait des représailles à son succès économique. « Mais dans ce genre d’affaires, il y a toujours un jeu de brouillage de cartes » avait indiqué dans les colonnes de l’Express Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique (EGE) à Paris. On se rappela également pour mémoire les paroles d’Alain Mermoud, expert Suisse en sécurité et membre de l’armée helvète, « ce n’est pas la volumétrie des documents qui ont fuité qui compte, mais le timing. Il y a eu des jalousies sur cette vente de sous-marins, et vu le niveau de sécurité dans l’armement, l’humain est souvent le maillon faible ».

Faut-il encore le rappeler sempiternellement : dans la guerre économique, l’important n’est jamais de jouer, mais de l’emporter. L’éthique et le beau geste entre compétiteurs ne sont que de peu de poids, seul compte la victoire pour les belligérants.

Source : Franck DeCloquement pour Atlantico

ZURICH WEEKLY EVENT : Cyber Sovereignty & Cyber Defence – an economic perspective – from 18.09.2018 to 11.12.2018

All Swissintell members are kindly invited to attend as guest listeners the free of charge ETH Zurich course 853-0102-00L Military Business Administration II – Case Examples. The lecturer is our President, Alain Mermoud. This weekly course is starting on September, 18 and takes place every Tuesday from 10am to 12 in the room C33 of the building IFW, Haldeneggsteig 4, 8092 Zurich.

  • *No registration is necessary for guest listeners*
  • The lecture is in German and the lecturer can answer questions in English or French.

The program focuses on an analysis of hybrid warfare against Switzerland. Three main Topics are highlighted:

  • Cyber defense
  • Security of critical infrastructures
  • Security of supply

The program of the course is organized into 14 units of 90 minutes each. The units combine the elements of lecture (where analytical concepts are taught) and application (where these concepts as applied). Additionally, guest lecturers will hold talks on selected issues on following dates:

The learning material is based on various documents, such as (click to download):

Militärische Roboter werden die Kriegführung revolutionieren

Die Entwicklung von Robotern und autonomen Waffensystemen schreitet rasch voran. Der Charakter des Krieges, nicht aber dessen Natur, wird markante Veränderungen erfahren. Vertreter aus mehr als 75 Ländern erörtern ab Montag in Genf, wie autonome Waffen international geächtet werden können.

Unbemannte Waffensysteme, die von Algorithmen gesteuert und dank künstlicher Intelligenz in der Lage sind, militärische Aktionen – auch im Verbund mit konventionellen Verbänden – selbständig durchzuführen, könnten das Kriegsbild künftig drastisch verändern. Davon ist jedenfalls der amerikanische Militärfachmann Frank G. Hoffman, der unter anderem mit wegweisenden Studien zur hybriden Kampfführung bekannt geworden ist, überzeugt.

Gegenwärtig sind solche Einsatzmodelle noch Zukunftsmusik. Forschung und Entwicklung der Militärrobotik schreiten aber Hand in Hand mit der zivilen Automobiltechnologie – mit der industriellen Produktion überhaupt – unaufhaltsam voran. Zurzeit verfügen rund neunzig Länder in ihren jeweiligen Streitkräften über unbemannte Luftfahrzeuge, die für ein breites Aufgabenspektrum verwendet werden können; etwas mehr als zwei Dutzend Nationen haben bewaffnete Drohnen in ihren Arsenalen.

Längerfristig, das heisst im Zeitraum von 2031 bis 2040, sollen autonome Waffen- und Aufklärungssysteme gemäss dem zurzeit geltenden Konzept «Robotic and Autonomous Systems Strategy» voll in die amerikanischen Heeresformationen integriert sein, deren Strukturen zweifellos substanziell verändert werden dürften. Dank leistungsfähigen Computern zur Verarbeitung der über eine Vielzahl von Sensoren vermittelten riesigen Datenmengen könnten Roboter Lagen selbständig beurteilen, Entscheide fällen und je nach Entwicklung der Lage ihre Einsatzverfahren anpassen. Luft- und landgestützte Mikroroboter, die wie Alfred Hitchcocks Vögel («The Birds», Film von 1963) in sich selbst organisierenden Schwärmen operieren, werden zu einer Überlastung der gegnerischen Abwehrdispositive führen.

Friktionen, wie sie Carl von Clausewitz in seinem Werk «Vom Kriege» beschrieben hat, werden auch bei Verwendung hochentwickelter technologischer Errungenschaften unausweichlich bleiben. Die Einführung von Robotern und autonomen Systemen wird zwar den Charakter des Krieges, nicht aber seine Natur als gewaltsame, bis auf die Spitze getriebene Auseinandersetzung zwischen gegensätzlichen politischen Vorstellungen mit tragischen Auswirkungen für Mensch und Gesellschaft ändern. Unter diesem Vorzeichen sind die Anstrengungen richtig, die das Internationale Komitee vom Roten Kreuz und die Campaign to Stop Killer Robots zurzeit unternehmen, um autonom operierende Waffensysteme im Rahmen der Uno-Waffenverbotskonvention oder eines Regimes nach dem Vorbild des Ottawa-Prozesses für ein Personenminenverbot zu ächten.

Source : NZZ