Comment les fake news menacent les démocraties

Facebook, Twitter ou Instagram ont conquis 40% de la population mondiale. Caisses de résonnance pour les informations bidon, comment les réseaux sociaux influencent-ils les opinions et le débat démocratique? Décryptage dans Géopolitis.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, la diffusion des fake news s’accélère à une vitesse folle.

Pour Jérôme Duberry, enseignant et chercheur auprès du Global Studies Institute de l’Université de Genève, les principaux responsables de cette propagation ne sont pas des bot, ces logiciels qui relaient automatiquement les informations, mais les êtres humains eux-mêmes. “Les utilisateurs sont attirés par les informations qui vont dans le sens de leurs pensées et les partagent sans les vérifier. Ainsi, les réseaux sociaux soutiennent les débats extrêmes, émotionnels et sensationnels”.

Source : GEOPOLITIS

Intelligence Economique et politique : mémoire de Bachelor de Kilian Cuche

Cette étude, réalisée dans le cadre du Bachelor en Information Documentaire de la Haute École de Gestion de Genève, a pour objectif de déterminer les pratiques actuelles et les besoins futurs en Intelligence économique (IE) dans les cinq plus grands partis politiques suisses.

Pour mener à bien cette étude, une introduction théorique a été réalisée afin de cerner le sujet et présenter les différentes notions abordées lors de l’enquête. Plus particulièrement l’utilisation des Technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le domaine de la communication d’influence, des relations publiques et du marketing politique ainsi que leurs liens avec les pratiques d’IE.

Afin de récolter les données, un questionnaire a été envoyé aux parlementaires et secrétariats fédéraux et cantonaux des cinq plus grands partis politiques suisses, à savoir l’UDC, le PS, le PLR, le PDC et Les Verts. De plus, des interviews ont également été menées avec certains politiciens et professionnels afin d’enrichir et approfondir l’analyse.

Voici les résultats importants qui ressortent de cette enquête :

  • Les dangers apportés par les TIC dans les processus politiques ne sont pas compris dans leur globalité ;
  • L’IE est encore une thématique vague pour la classe politique suisse ;
  • Les pratiques en IE ne sont pas uniformes entre les partis politiques ;
  • En comparant les trois piliers de l’IE, on constate des manques de pratiques au niveau de la veille et de la protection des informations par rapport à l’influence ;
  • De manière générale, les prestations en IE ne suscitent pas un grand intérêt auprès de la classe politique suisse

Il reste donc encore un grand travail de sensibilisation à faire concernant l’usage des nouvelles technologies et leur impact sur les processus politiques. De plus, la valeur ajoutée de l’IE est encore trop méconnue de la classe politique. Il est donc nécessaire de continuer à promouvoir cette discipline sur tous les terrains, y compris en dehors de la sphère de l’entreprise.

Un état du marché des entreprises suisses proposant des services qui peuvent répondre aux besoins en IE des partis politiques a également été réalisé. Il se trouve que plus de 3000 entreprises présentes en Suisse sur le marché très large de l’IE (veille, protection, influence) ont été recensées dont 40 qui couvrent complètement le spectre de l’IE. La veille est le domaine de l’IE le moins représenté sur le marché.

Source et document complet : RERO DOC

Rapport sur les manipulations de l’information

« Fake news », « post-vérité », manipulations de l’information, ces termes ont envahis l’espace médiatique. Vote sur le BREXIT, élections présidentielles américaines ou française, à chaque fois des soupçons de manipulation de la part du Kremlin ont été évoquées. L’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM) du ministère des armées et le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des affaires étrangères se sont auto saisis du sujet. Dans un rapport épais de 220 pages ils se proposent de faire un état de l’art sur les manipulations de l’information à des fins d’ingérence.

Partant du constat que les manipulations de l’information sont aussi vielles que l’information elle-même, les auteurs constatent que l’ère du numérique et la diffusion instantanée des informations en décuplent les effets. Dès lors les manipulations deviennent un enjeu majeur pour nos démocraties en particulier dans le contexte de crise de confiance qu’elles traversent. Ce rapport prend le biais assumé de ne traiter que des ingérences c’est-à-dire des manipulations de l’information cumulant trois critères : une campagne coordonnée de diffusion de nouvelles fausses ou sciemment déformées, avec l’intention politique de nuire. Les ingérences étant d’origine étatique et ciblant les population d’un autre état. Le rapport prend soin de ne pas utiliser le terme de « fake news » tant l’expression est galvaudée et sa définition trop vague.

Source : Infoguerre