La Genève internationale est un aimant à espions

Depuis quelques semaines, les incidents diplomatiques entre la Suisse et la Russie se multiplient. Décryptage de la situation avec Alexandre Vautravers, expert en sécurité à l’Université de Genève

Alexandre Vautravers: Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Personne ne conteste le fait qu’il y a de nombreux «espions» en Suisse. La Genève internationale, ses ONG et l’ONU sont des aimants à agents, ce n’est pas une surprise. La diplomatie et le renseignement ne sont pas cloisonnés et imaginer une Suisse ou une Genève internationale dépourvue d’espions est illusoire. Il y a toutefois une distinction importante à faire: le problème n’est pas d’appartenir à un service de renseignement mais de pratiquer des activités d’espionnage illégales. Tous les gouvernements veulent avoir des contacts avec les services de renseignement étrangers. Si le renseignement russe enquête depuis la Suisse sur un réseau criminel originaire des pays de l’Est par exemple, cela n’est pas un problème en soi. Des collaborations régulières et intensives existent dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, le crime organisé ou la radicalisation, les trafics en tout genre, le blanchiment, voire les abus des droits humains.

Source : Le Temps

 

Cryptographie et enquêtes criminelles

Les attentats ou les faits criminels passent tous par une étape numérique: il y a toujours un smartphone ou un ordinateur portable saisi. Mais ces derniers sont verrouillés. Les données sont chiffrées à l’aide de cryptographie inviolable. Et l’enquête piétine.

On perd plus en sécurité à limiter la cryptographie que l’on peut gagner éventuellement par la capture d’un terroriste. Forcer les fabricants de téléphone à prévoir un moyen de déchiffrer leur contenu ou de les déverrouiller, sur demande, c’est mettre au point un mécanisme qui doit être sûr et incassable pour des centaines de millions d’appareils, les tester tout en évitant l’obsolescence.

On oublie que les données chiffrées ont été créées par un humain. C’est lui la solution. On peut le forcer à donner son empreinte pour débloquer son appareil (ce n’est pas l’obliger, comme pour le mot de passe, à témoigner contre lui-même). Aujourd’hui, les enquêtes progressent le plus en jouant sur ce facteur, en piégeant la cible, en détectant son PIN, en injectant une vulnérabilité connue dans son appareil. C’est plus simple et moins cher que de développer une nouvelle vulnérabilité que les autorités se feront toujours voler ou de demander aux fabricants de prévoir une porte dérobée qui sera publique tôt ou tard. Savoir où un suspect a été, avec qui il a communiqué est parfois plus utile. Et ça, ça n’est pas chiffré.

Source : Le Temps

Studie «Sicherheit 2018» sichere, vertrauensvolle und armeefreundliche Schweiz

Die Schweizer Stimmbevölkerung fühlt sich sehr sicher, blickt der Zukunft der Schweiz signifikant optimistischer entgegen und vertraut den Schweizer Behörden und Institutionen überdurchschnittlich stark. Gegenüber der Schweizer Armee ist die Bevölkerung positiv eingestellt. Der Terrorismusbekämpfung, auch unter Einschränkung persönlicher Freiheiten, messen Schweizerinnen und Schweizer hohe Priorität zu. Dies zeigen die Resultate der Studie «Sicherheit 2018» der Militärakademie (MILAK) an der ETH Zürich und des Center for Security Studies, ETH Zürich.

2018 fühlen sich Schweizerinnen und Schweizer sehr sicher. Das allgemeine Sicherheitsempfinden ist mit 95% sehr hoch. Zudem fühlt sich die Schweizer Stimmbevölkerung im öffentlichen Raum signifikant sicherer (83%, +4%) als noch 2017. Gegenüber dem Vorjahr beurteilen 2018 signifikant mehr Schweizerinnen und Schweizer die Zukunft der Schweiz optimistisch (87%, +5%).

Source : Bund