Coronavirus and cybercrime in Switzerland

The coronavirus has turned our everyday lives upside down, and society has found itself in an extraordinary situation. The inherent uncertainty has meant that people need more information and protection, not to mention new working conditions – and criminals are cleverly exploiting this situation. When the lockdown hit, the internet all of a sudden became the virtual solution to almost everything. As the registry for .ch domains, the IT infrastructure provider for universities and a multi-sector CERT, SWITCH has a good overview of the cybercrime occurring in the shadow of the rapid rise of the digital economy.

[…] One development that could be established, though, was a rise in the number of phishing attacks on Swiss internet users working from home. The fact that people are working outside the largely protected network at their regular place of work has only made these attacks easier to carry out. The attacks that SWITCH-CERT has observed were deliberately aimed at higher education staff and users of Swiss IT service providers such as web hosting services. Fraudsters then often abused the web hosting access credentials they got their hands on to host additional phishing sites on the existing domain names and web servers. Fortunately, these compromises were identified and eliminated quickly. Various hosts have warned their customers of the attacks, and MELANI (the Reporting and Analysis Centre for Information Assurance) has also reported a spike in phishing activities.

[…] The rise in cybercrime connected with the coronavirus pandemic highlights yet again just how fragile the internet infrastructure really is. Applying security standards such as DMARC and DNSSEC should therefore be given urgent priority to strengthen digital Switzerland’s resilience for the future and thus make it more difficult for scammers to carry out image-damaging cyber attacks.

Source and full article : Switch

La Confédération se penche sur le partage d’information cyber

Lors de sa séance du 13 décembre 2019, le Conseil fédéral a adopté le rapport «Obligation de déclarer les incidents graves affectant la sécurité des infrastructures critiques: solutions possibles». Ce rapport décrit les principales questions qui se posent au sujet de l’introduction d’obligations de déclarer et présente plusieurs modèles possibles pour la mise en œuvre de telles obligations. Le Conseil fédéral se fondera sur les résultats de ce rapport pour prendre, d’ici à fin 2020, des décisions de principe sur l’introduction d’obligations de déclarer.

En Suisse, il n’existe pas d’obligation générale de signaler les cyberincidents. Les informations sur les cyberincidents concernant des infrastructures critiques telles que l’approvisionnement en énergie, la télécommunication et les secteurs des finances et des assurances s’échangent sur une base volontaire par l’intermédiaire de la Centrale d’enregistrement et d’analyse pour la sûreté de l’information (MELANI). Vu l’évolution rapide des cyberrisques, il faut se demander si cet échange volontaire est suffisant pour identifier à temps les menaces dans tous les secteurs. C’est pourquoi la Stratégie nationale de protection de la Suisse contre les cyberrisques prévoit l’examen d’obligations de notifier dans ce domaine. En outre, le Parlement a transmis un postulat (17.3475 Graf-Litscher) qui charge le Conseil fédéral de présenter un rapport sur les possibilités d’introduire des obligations de signaler les incidents de sécurité affectant les infrastructures critiques

Source : Bund

Interview de Thomas Bögli, spécialiste du cyberespace et chef de la cyberdéfense de l’Armée suisse

Monsieur Bögli, comment est organisée la cyberdéfense en Suisse ?

En Suisse, la règle d’engagement stipule que chacun est responsable de sa propre sécurité. Les infrastructures critiques, c’est-à-dire des entreprises comme par exemple la Poste, Swisscom, les banques, etc, sont responsables de leur propre sécurité. Au niveau fédéral, la centrale d’enregistrement et d’analyse pour la sûreté de l’information (MELANI), dirigée conjointement par le département fédéral des finances (DFF) et le département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), joue un rôle central. Elle vise la prévention et la gestion des cyberrisques et apporte son soutien aux infrastructures critiques. Parallèlement, la cybercriminalité relève du département fédéral de justice et police (DFJP) qui possède un Service de coordination de la lutte contre la criminalité sur internet (SCOCI).

Afin de clarifier et de centraliser cette organisation, le Conseil fédéral a validé récemment la création d’un centre de compétence pour la cybersécurité. Ce centre sera dirigé par un délégué à la cybersécurité et servira de guichet unique pour toutes les questions relatives aux cyberrisques.

Quel rôle joue l’armée dans la cyberdéfense ?

Comme pour les infrastructures critiques, l’armée est avant tout responsable d’assurer son autoprotection. Toutefois, en cas de cyberattaque majeure, l’armée joue le rôle de réserve stratégique et doit fournir un appui subsidiaire aux autorités civiles. Sa mission «aider, protéger, combattre» est également valable dans le cyberespace.

A quelle fréquence la Suisse est-elle victime de cyberattaques ?

Quotidiennement! Chaque jour, des tentatives de cyberattaques ont lieu en Suisse. Bien souvent, les entreprises concernées ne s’en rendent même pas compte, ou alors elles ne disent rien, par peur de la mauvaise réputation que cela peut entraîner. Par exemple, les rançongiciels sont monnaie courante. Il s’agit d’un logiciel qui chiffre les données d’un particulier ou d’une entreprise et les rend inaccessibles. Les hackers réclament alors une rançon en échange de la clé pour déverrouiller ces données.

Qui se cache derrière ces attaques ?

Nous avons une pyramide avec cinq différents types d’agresseurs. Au sommet de cette pyramide se trouvent les cyberpuissances, c’est-à-dire des états tels que la Chine, la Russie, les USA, la Grande-Bretagne ou Israël. C’est une guerre sans arme létale, sans effusion de sang et sans mort, mais dont le but est de dérober des données. En 2016 par exemple, l’entreprise RUAG a été victime de cyberespionnage et des données importantes ont été volées.

Comment l’armée peut-elle se protéger ?

La cyberdéfense de l’armée relève de la compétence de la Base d’aide au commandement (BAC). Nous avons besoin de bons détecteurs et capteurs de maliciels et des collaborateurs attentifs à l’évolution de la situation dans le cyberespace. Finalement, lorsqu’une cyberattaque survient, l’armée doit être en mesure de la cerner et de l’isoler rapidement.

En comparaison avec d’autres pays, quel est le degré de préparation de la Suisse ?

Qualitativement, nous avons un bon degré de préparation. Quantitativement par contre, nous avons peu de personnel. Heureusement, les écoles dans le domaine cybernétique qui ont débuté l’année passée permettront d’apporter un soutien bienvenu aux spécialistes professionnels de la BAC. Dans le cas de figure où l’armée doit soutenir les autorités civiles, ces militaires de milice permettront d’assurer un engagement sur la durée.

La guerre de demain se fera-t-elle uniquement avec des ordinateurs ?

Je ne pense pas que le cyber remplacera les moyens existants. En 1914 par exemple, l’introduction des forces aériennes n’a pas remplacé non plus les troupes au sol. Ainsi, le cyber est une dimension supplémentaire qui vient s’ajouter aux dimensions terrestres et aériennes. En quelque sorte, l’armée est un couteau suisse et le cyber est un outil de plus qu’il faut lui ajouter.

En tant que chef de la cyberdéfense de l’armée, quels sont les principaux défis à relever dans les années à venir ?

En premier lieu les «Internet of Things» (IoT). C’est-à-dire tous les appareils connectés, des voitures aux télévisions en passant par les réfrigérateurs. Ces appareils seront une source de danger car les systèmes de défense sont trop faibles. On aborde là toute la question de la sécurité et du traitement des données enregistrées par ces objets. Que va-t-on faire de ces données ? Comment être sûr qu’elles ne seront pas utilisées à mauvais escient ?

Plus spécifiquement concernant l’armée, la question sera de savoir quel soutien est attendu de sa part en cas de cyberattaque. Il faudra clairement définir et quantifier le soutien subsidiaire que l’armée pourra être amenée à apporter aux autorités civiles.

Quels conseils de base donneriez-vous à la population afin de se protéger des cyberattaques ?

Je dis toujours qu’il faut être paranoïaque de manière constructive (éclat de rire). Plus sérieusement, il y a des règles simples à respecter. Il faut se méfier des accès Wifi gratuits et désactiver le WLAN ou le Bluetooth si vous n’en avez pas spécifiquement besoin. En cas de discussion confidentielle, il est conseillé de ranger les smartphones ou autres mouchards potentiels. Sans tomber dans l’hystérie, il faut toujours rester prudent. Et si vous détectez un problème, il faut immédiatement annoncer le cas à la Centrale MELANI.

Source : Confédération DDPS / Bund – VBS