Qui va profiter de l’économie des données ?

Il est maintenant possible – et rentable – d’investir dans l’économie des données, c’est-à-dire dans les activités exploitant les data récoltées par une multitude d’objets de notre quotidien. Dans un rapport dévoilé mardi, Morgan Stanley donne des conseils d’investissement, nommant les entreprises qui devraient le plus en bénéficier. Sur les 12 secteurs analysés dans cette étude, Le Temps a retenu des exemples dans trois secteurs: l’automobile, la banque et la santé.

L’économie des données atteint un niveau de maturité grâce à l’apparition simultanée de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle et de l’automatisation. Les data récoltées sont plus facilement transformées en source potentielle de revenus.

Dans le secteur automobile, les valeurs préférées de Morgan Stanley sont Continental (leader des capteurs pour la conduite autonome), l’indien Maruti Suzuki India Limited (pour sa capacité à «monétiser» des données), Hyundai, Ford, Fiat Chrysler et le spécialiste de l’intérieur des voitures Adient.

Dans le secteur bancaire, parmi les banques cotées, Credit Suisse fait partie des établissements affichant le plus de potentiel d’amélioration, et donc de progression pour le cours de son action. La deuxième banque du pays est devancée de peu par UBS dans ce classement.

Enfin, dans le secteur de la santé, Roche, Pfizer, AbbVie ou Merck font partie des valeurs préférées de Morgan Stanley. Ce domaine fait l’objet d’un affrontement entre les géants des nouvelles technologies et les fournisseurs de services pour les hôpitaux. Chantier d’envergure, l’intelligence artificielle et le machine learning permettront d’analyser les données des dossiers médicaux des patients, qui sont encore très majoritairement non structurées.

Source : Le Temps

Les objets connectés, risque ou opportunité ? – Me Sylvain Métille

Le texte suivant est extrait du blog de Me Sylvain Métille :

“Les objets connectés apportent nombre de nouvelles opportunités. Malheureusement, ils sont trop souvent conçus et déployés sans prendre en compte les principes de base de sécurité et de protection des données. Par ignorance, par économie ou par gain de temps, ils font courir des risques importants à leurs utilisateurs.

Ces objets ne sont plus déconnectés et indépendants, mais ce sont désormais des ordinateurs et des logiciels informatiques connectés à des réseaux externes. Ils devraient être traités comme tels et sécurisés. C’est rarement le cas et ils sont exposés aux virus, failles de sécurité, prises de contrôle à distance et autres vulnérabilités. La durée d’utilisation d’un réfrigérateur connecté pourrait bien dépasser largement celle des mises à jour du logiciel qu’il contient. Si ce logiciel est corrompu, le réfrigérateur ne pourra causer directement que des dégâts limités, mais il sera en revanche une porte d’entrée sur l’ensemble du réseau auquel il est connecté (réseau privé ou Internet), ce qui crée alors un risque de sécurité important. Cela ne concerne plus seulement quelques infrastructures techniques complexes, mais n’importe quelle maison ou appartement.

En Suisse, aucune mesure n’a été prise. Le Conseil fédéral considère que les jouets connectés doivent notamment respecter la Loi fédérale sur la protection des données (LPD), l’Ordonnance du DFI sur la sécurité des jouets (OSJo) et l’Ordonnance sur les installations de télécommunication (OIT). L’écoute et l’enregistrement de conversations peut en outre être constitutif d’une infraction pénale (art. 179ter ss CP).”

Vous pouvez lire le texte complet sur le blog de Me Sylvain Métille

 

La confiance : enjeu principal de la numérisation

Piratage, vol de données, spamming, pas une journée sans qu’un incident lié à la cybersécurité soit rapporté par les médias. La cybercriminalité touche aussi bien les Etats que les entreprises et les particuliers. Elle est de plus en plus sophistiquée et coûte à l’ensemble de la société. L’interconnexion des réseaux et la multiplication des objets connectés créent en effet de nouvelles vulnérabilités. La question de la cybersécurité, comme celle de la protection des données, illustre bien à quel point la confiance dans les infrastructures numériques et entre les individus, les entreprises et l’Etat est cruciale. On a coutume de dire que les données sont le carburant de la numérisation, mais la confiance en est l’indispensable courroie de transmission. C’est un enjeu croissant pour toutes les parties prenantes à la numérisation.

Les entreprises développent aujourd’hui des produits au plus près des attentes de leurs clients et l’accent est mis sur l’expérience du consommateur. Cela est rendu possible par la collecte, le traitement et le transfert d’importants volumes de données – et notamment de données personnelles. Ces dernières doivent donc être protégées. Car si les entreprises ne sont pas en mesure de garantir cette sécurité, la confiance du consommateur s’érode rapidement. Il en est de même pour la relation entre le citoyen et l’Etat, puisque les administrations sont, elles aussi, de plus en plus numérisées.

Coopération et responsabilisation sont donc essentielles pour agir plus efficacement. Il s’agit de processus d’apprentissage graduels et permanents. Dans un environnement de plus en plus numérique, nous avons besoin d’une valeur profondément humaine qui reste la confiance en l’autre. La Suisse a des atouts pour rester à la pointe de l’innovation et opérer le passage au numérique avec succès, à condition de ne pas oublier que l’union fait la force.

Source : Le Temps