La startup Metaco, coffre-fort des cryptos, séduit quatre grandes entreprises suisses

La startup lausannoise annonce une levée de fonds de plusieurs millions auprès de Swisscom, Swiss Post, Sicpa et Avaloq, ce dernier prenant une participation de 10% au capital de l’entreprise.

Créée en 2014, la startup s’est spécialisée dans les technologies blockchain et des actifs digitaux. Elle a notamment développé un coffre-fort numérique pour les crypto-monnaies et crypto-actifs, à destination du secteur financier. Présenté en janvier dernier, son produit SILO a été développé en collaboration avec la société Guardtime, une société estonienne reconnue pour ses solutions de sécurité informatique aux niveaux des entreprises comme des gouvernent, y compris certains projets liés à la défense.

Parmi les investisseurs de ce nouveau tour de financement de Metaco, tous sont des entreprises, en lien avec la sécurité et/ou le secteur bancaire, qu’il s’agisse d’AvaloqSwisscomSwiss Post et Sicpa.

Cette nouvelle levée de fonds vise à financer croissance de l’entreprise. Ces nouveaux investisseurs seront aussi des partenaires commerciaux. «L’idée est de travailler ensemble, en collaboration, pour que ces entreprises puissent développer de nouveaux services grâce à nos outils», ajoute Adrien Teccani.

Pour la suite, Adrien Teccani est confiant. «Nous avons d’excellents partenaires et la demande du marché pour stocker de manière sécurisée les crypto-monnaies et crypto-actifs se développe de plus en plus». On pense par exemple aux tokens des ICOs. «Le problème, c’est que les système IT actuels ne permettent pas de stocker ces actifs de manière suffisamment sécurisée, car on est responsable du stockage de toutes les clefs de cryptage sécurisés, ce qui demande une expertise particulière, et les banques ne veulent pas forcément prendre risque de faire confiance à plateformes externes pour cela. C’est là où nous apportons une vraie valeur ajoutée».

Source : Bilan

La Suisse et les ICO

Une nouvelle forme de crowdfunding

La baisse du bitcoin n’empêche pas les start-up de la blockchain de financer leur avenir par l’intermédiaire de l’émission d’actifs numériques échangeables. Il s’agit d’une nouvelle forme de crowdfunding, selon Morgan Stanley.

Les jetons émis sont des participations dans les futurs projets de l’entreprise. L’investisseur participe donc à l’évolution du cours du jeton et en principe aux profits du projet. C’est une nouvelle forme de financement participation (crowdfunding), explique Morgan Stanley.

En Suisse aussi, cette nouvelle forme de financement rencontre un succès évident auprès des investisseurs: 850 millions de dollars ont été levés par ICO en 2017 dans des projets liés à la blockchain, si l’on en croit l’«IFZ FinTech Survey 2018», réalisé par l’Institute of Financial Services (IFZ) à Zoug. Avec un tel montant, la Suisse se profile comme un centre mondial des ICO, avec les Etats-Unis et Singapour.

En Suisse toujours, 129,9 millions de francs ont été investis en capital-risque dans la fintech, soit moins de la moitié du montant alloué en ICO. Mais si l’on tient compte du nombre de phases de financement, le capital-risque compte trois fois plus et demeure donc une importante source de financement, spécialement en dehors de la blockchain.

Comme dans tous les domaines concernant les cryptomonnaies, l’incertitude porte davantage sur la réglementation que sur l’évolution de la technologie. Aux Etats-Unis, les autorités s’apprêtent à distinguer de plus en plus, au sein des cryptomonnaies, entre celles que l’on considère comme des matières premières numériques utilisées pour des paiements et celles qui utilisent des jetons aux caractéristiques semblables à des titres. Les thèmes habituels en finance, ceux de la protection des investisseurs, de la sphère privée, de la transparence, n’ont pas fini de préoccuper cette industrie naissante.

Source : Le Temps

Régulation des ICO par la FINMA

La Finma s’intéresse aux cryptomonnaies et aux ICO, ces levées de fonds en monnaies numériques ou traditionnelles dont la Suisse est devenue l’un des centres mondiaux ces deux dernières années. Après une première communication le 29 septembre 2017, l’Autorité de surveillance des marchés a publié le 16 février un guide pratique des ICO, qu’elle est venue présenter plus en détail mercredi à Genève.

A travers ce guide pratique, la Finma clarifie ses exigences concernant les dossiers d’ICO qui lui sont soumis et les réponses qu’elle fournit. «On a l’impression que la Finma a reçu beaucoup de dossiers plus ou moins aboutis, qui nécessitent un important travail de sa part, estime Olivier Depierre. L’Autorité de surveillance fait comprendre que son rôle n’est pas de conseiller le promoteur d’une ICO sur son modèle d’affaires. Ce dernier doit savoir que les jetons émis lors des ICO sont soumis à des lois existantes.”

Source : Le Temps

Le rôle des fintechs dans l’essor genevois

La relation personnelle reste indispensable selon Edouard Cuendet, Directeur de la Fondation Genève Place Financière.

Le numérique est devenu le principal moteur de l’innovation dans pratiquement tous les secteurs d’activité et la finance n’y échappe pas. Cependant, une finance entièrement robotisée ne tient pas compte des spécificités du client.

Quel rôle joue l’innovation et en particulier l’informatique financière (fintech) dans l’essor de la place financière genevoise ? Dans le domaine des fintechs, les investissements sont-ils suffisants ?

La place financière suisse figure parmi les centres financiers à la pointe de la digitalisation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les premières initiatives datent du début des années 2000 avec la banque en ligne. Le WEF classe d’ailleurs la Suisse au premier rang des pays les plus compétitifs au monde et parmi les dix Etats les mieux à même de faire face aux changements technologiques.

Le terme «FinTech» est une notion à la mode, mais on ne sait plus très bien ce qu’elle recouvre. Le numérique est devenu le principal moteur de l’innovation dans pratiquement tous les secteurs d’activité et la finance n’y échappe pas.

Au sein de la place financière genevoise, il existe autant de modèles de FinTech qu’il y a de profils de banques. Certaines réalisent le développement de leurs outils digitaux en interne tandis que d’autres préfèrent acheter des solutions technologiques matures et que d’autres encore créent des plateformes pour intégrer les gérants de fortune indépendants. A ceci s’ajoutent les établissements qui optent pour un modèle d’affaires entièrement digitalisé.

La place réunit-elle aujourd’hui une réserve suffisante d’expertise adaptée au futur? Quelles pourraient en être les lacunes?

Les métiers de la finance demeurent fondamentalement des métiers de personnes. La réputation de la place financière dépend avant tout de la qualité des services offerts. Selon un récent sondage de l’Association suisse des banquiers, 62% des Suisses estiment que les banques helvétiques se distinguent de la concurrence internationale grâce à un personnel jugé très compétent.

Le défi est de former non seulement les collaboratrices et les collaborateurs aux métiers de demain, mais également les jeunes qui constituent la relève. Pour ce faire, les profils devront évoluer pour tenir compte à la fois de l’évolution constante de la réglementation et des nouvelles technologies. Il ne s’agit pas d’un sujet technique, mais d’une réelle réflexion qui concerne aussi bien la formation continue que l’apprentissage et la formation académique. C’est la raison pour laquelle une collaboration étroite entre les milieux économiques et académiques est essentielle.

Source : Allnews