L’intelligence économique : un atout majeur de compétitivité – 5.09.2017 Genève

L’intelligence économique : un atout majeur de compétitivité

Connaître les évolutions et les tendances de ses marchés, détecter les menaces et opportunités qui leur sont liées, analyser les forces et faiblesses de sa concurrence, repérer les nouveaux entrants… C’est la maîtrise de ces informations qui permet au chef d’entreprise de posséder une vision complète et dynamique de l’écosystème dans lequel il évolue pour développer l’agilité et la capacité de réaction de son organisation.

L’un des buts de l’intelligence économique est d’accompagner les entreprises dans la connaissance de leur marché et leur développement d’affaires en leur apportant informations et analyses stratégiques. Pour éclairer cette thématique, FOROM et l’OPI accueillent le 5 septembre des experts du domaine pour un événement qui s’annonce riche en échanges.

Conférences et table ronde

Conférence
Christian Harbulot,
Directeur de l’Ecole de Guerre Economique
Jonas Rey,
Associé Senior, cabinet Dilligence
Pierre Maudet,

Conseiller d’Etat chargé du département de la sécurité et de l’économie (DSE)

 
Table ronde
Ivan Meissner,
Directeur Général, Qualimatest SA
 
Jérôme Chanton,
CEO, Kugler Bimetal SA
Hélène Madinier,
Membre du comité romand de Swissintell, professeure à la HEG-Genève, responsable du DAS en intelligence économique et veille stratégique

Interview pour l’express.fr sur l’affaire DCNS avec Christian Harbulot et Alain Mermoud

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/oceanie/fuite-de-documents-chez-dcns-nous-sommes-en-guerre-economique_1824233.html

Le fabricant français de sous-marins DCNS vient d’être victime d’une fuite massive de documents confidentiels, quelques semaines à peine après avoir décrocher un contrat record de plus de 34 milliards d’euros en Australie.

Comment torpiller des années de travail? Mardi après-midi, le journal The Australian publiait des documents exclusifs appartenant à l’entreprise de Défense française DCNS. En tout, une vingtaine de fichiers, plans et fiches techniques sur les 22 400 pages que le quotidien australien affirme avoir consultées. Des éléments stratégiques qui détaillent notamment les capacités de combat, de navigation et de communication des sous-marins Scorpène conçus par le groupe français pour la marine indienne.

Une fuite massive qui intervient quelques mois à peine après l’accord de principe signé entre la France et l’Australie pour la vente de 12 sous-marins nouvelle génération, des Barracuda, pour un montant historique de 34 milliards d’euros. Le “contrat du siècle” qui scellait une relation stratégique entre les deux pays pour les 50 prochaines années, au nez et à la barbe des Allemands de TKMS, mais surtout du consortium japonais formé par deux filiales spécialisées des géants Mitshubishi et Kawasaki, longtemps présentés comme les favoris pour l’obtention du marché.

Il faut croire que ce contrat a fait des envieux. “Des documents comme ça ont une valeur importante, explique à L’Express un analyste en intelligence économique qui préfère garder l’anonymat. Même si dans l’armement les concurrents sont toujours bien informés, il peut y avoir un détail qui fait gagner des mois de travail. Ça n’a pas de prix”.

En effet, quand bien même les modèles de sous-marins concernés par la fuite ne sont pas ceux qui doivent être achetés par l’Australie, ce que n’a pas manqué de rappeler le Premier ministre Malcolm Turnbull, la fuite de ces documents est un coup porté à la crédibilité de la France. D’après les premiers éléments révélés par la presse australienne, ces documents pourraient avoir transité par des sociétés du sud-est asiatique avant d’être finalement envoyés à une entreprise en Australie. Des données qui, toujours selon The Australian, auraient pu avoir été transportées hors de France en 2011 par un ancien officier de la marine française qui, à l’époque, était sous-traitant de DCNS.

Contactée, l’entreprise explique qu'”une enquête est ouverte pour trouver les responsables des fuites et définir le degré de sensibilité des documents”. “Nous ne sommes pas dans du critique”, démine auprès de L’Express une source proche du dossier, bien que la surprise ait été totale chez DCNS puisque selon nos informations, l’entreprise n’a été informée que la veille de la publication de l’article, soit lundi.

Comment ces documents ont-ils pu sortir des murs de DCNS? “En matière de guerre économique, il peut y avoir plusieurs sources de fuite. Cela peut-être une cyber-attaque classique, une action de social-engineering [quand une personne abuse des failles humaines d’une cible, NDLR] ou une fuite humaine directement, explique à L’Express Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique (EGE) à Paris. Dans ce cas précis, le problème n’est pas tant l’acquisition de l’information, mais comment on tente de déstabiliser une entreprise, une institution, un Etat, par la publication de cette information. Pour DCNS, la lecture la plus simple est que cette fuite constitue constitue des représailles à son succès économique. Mais dans ce genre d’affaires, il y a toujours un jeu de brouillage de cartes”.

Pour le Suisse Alain Mermoud, expert en sécurité membre de l’armée helvète, “ce n’est pas la volumétrie des documents qui ont fuité qui compte, mais le timing. Il y a eu des jalousies sur cette vente de sous-marins, et vu le niveau de sécurité dans l’armement, l’humain est souvent le maillon faible”. Pour ce spécialiste en intelligence économique, il ne faut pas forcément y voir une attaque d’Etat à Etat, “ce peut aussi être le fait de lobbyistes qui naviguent dans le secteur. Dans ce genre de contrats, il y a beaucoup d’intermédiaires”.

Toujours est-il que le mal est fait. Engagé dans un cercle vertueux avec la vente des Rafale, du Mistral et des sous-marins, l’armement français a certainement mangé son pain blanc. “C’est un énorme coup dur”, explique même un observateur du secteur. Pour DCNS, ces révélations ne signifient pas la fin du “contrat du siècle” mais devraient perturber les négociations exclusives qui se tiennent entre les deux pays jusqu’à l’hiver prochain sur les modalités de la transaction.

“Soit on revoit le prix, soit on négocie des unités en plus, soit l’Australie demande des compensations comme davantage de transferts de technologie. Dans tous les cas, la position française sera fragilisée dans les futures négociations. Ce qui était probablement l’effet final recherché par ces fuites coordonnées dans le temps et dans l’espace”, résume le suisse Alain Mermoud. La France vient bel et bien d’être frappée sur le terrain financier. “Nous sommes en guerre économique, tout le monde le sait”, déplore une source chez DCNS.

La guerre économique : définition et applications – entretien avec Christian Harbulot

00:32 – définition guerre économique
03:26 – origine du concept de guerre économique
08:28 – s’agit-il vraiment d’une guerre ?
11:30 – les acteurs de la guerre économique
15:57 – différence entre guerre économique et concurrence commerciale
19:56 – mercantilisme et guerre économique
21:43 – libéralisme et rapports de force économiques
23:33 – marxisme et guerre économique
26:25 – la guerre économique : un thème qui s’impose
28:45 – guerre économique contre marché pacificateur
31:04 – les armes traditionnelles de la guerre économique
33:28 – les nouvelles armes de la guerre économique
38:06 – progrès technologique et guerre économique
42:49 – guerre économique et mondialisation
47:20 – quel rôle jouent les ONG
51:51 – économie de la connaissance et guerre économique
56:30 – les rapports de force géopolitiques contemporains
1:00:11 – leur possible évolution
1:06:38 – un réveil des consciences est-il possible ?