Des procédures bureaucratiques excessives fâchent les agents de terrain du SRC

Comme tous les services secrets, le SRC n’a pas pour habitude de porter ses doléances sur la place publique. Mais la frustration des agents de terrain au sujet des règles qui encadrent leur activité est telle que plusieurs interlocuteurs du service en ont entendu parler récemment, à Berne comme à Genève. «Il y a un mécontentement général», confirme l’un d’eux.

En vigueur depuis moins d’un an et demi, la nouvelle loi sur le renseignement autorise le SRC à mener des actions de surveillance intrusives sur le territoire suisse: écoutes téléphoniques, pose de balises GPS pour tracer des véhicules, enregistrements clandestins, fouille discrète de locaux privés, hacking d’ordinateurs.

Pour garantir l’acceptabilité politique de ces mesures, le législateur les a encadrées de procédures strictes. Si un agent veut poser une balise sur la voiture d’un djihadiste présumé, par exemple, il doit d’abord faire valider sa demande par le chef du SRC. La requête doit ensuite obtenir l’aval du Tribunal administratif fédéral (TAF).

Chez les spécialistes du renseignement, l’obligation de faire valider des mesures opérationnelles élémentaires comme la pose d’une balise GPS par la plus haute autorité du pays est jugée excessive. Voire «ridicule». «Le Conseil fédéral pourrait se retrouver acculé s’il valide une procédure qui tourne mal», note un ancien membre du SRC.

Selon un bon connaisseur du service, c’est le SRC lui-même qui, sur les points essentiels, a fait rédiger l’actuelle loi. La délégation parlementaire qui surveille le service ne montre donc «aucune compréhension pour une éventuelle grogne», précise son président Claude Janiak. Mais il promet de se pencher cette année sur la façon dont le Conseil fédéral, ou plutôt les trois départements concernés, traitent les demandes de surveillance venues du SRC.

Source : Le Temps

 

L’espionnage étranger progresse en Suisse

Selon le Conseil fédéral, l’espionnage étranger cible la politique, l’économie, l’armée et des organisations établies dans le pays. L’espionnage étranger au moyen de technologies d’informations et de communication a pris de l’ampleur en Suisse, selon le Conseil fédéral.

Selon le rapport de gestion 2017 du gouvernement publié cette semaine, le nombre d’officiers des renseignements étrangers sous couverture diplomatique est important. Par exemple, pour un certain pays, le Conseil fédéral soupçonne sérieusement que plus d’un quart du personnel diplomatique est lié au service de renseignements. Le rapport ne dit pas de quel pays il s’agit. Et Guy Parmelin n’a pas non plus voulu le préciser à l’antenne. Plusieurs Etats utiliseraient des officiers des renseignements “itinérants”, selon le rapport de gestion. Ces personnes gagneraient la Suisse pour des missions ponctuelles. Souvent, le pays cible de ces opérations ne serait pas la Suisse, mais un autre Etat européen.

Quant au cyberespionnage pratiqué par des services de renseignements étrangers, il s’insinuerait toujours davantage en Suisse, lui aussi. Le but serait de viser les multiples organisations regorgeant d’informations précieuses qui sont présentes sur sol helvétique.

Mais quel type d’informations ? Surtout celles qui permettent à des Etats de poursuivre leurs objectifs stratégiques et proviennent par exemple de représentations étrangères, organisations internationales, communautés ou entreprises de services.

Le service de renseignements de la Confédération planche actuellement sur ces cas d’espionnage, souligne Guy Parmelin. Si nécessaire, la justice interviendra. Le Vaudois n’a pas souhaité donner des exemples concrets de contre-mesures, indiquant seulement qu’il existe différents moyens de réagir et que la nouvelle loi sur le renseignement en donne davantage aux autorités.

Source : Agefi

L’autorité de surveillance des espions suisses recherche des experts en banques de données et des francophones

Avec son équipe, le surveillant teste le degré de préparation et les connaissances des agents secrets pour savoir s’ils ont été formés et s’ils se sont adaptés à la nouvelle loi sur le renseignement entrée en vigueur en septembre dernier.

L’autorité dispose d’un budget de deux millions de francs et une équipe d’une dizaine de personnes. Avec un éventail adéquat de connaissances nécessaire – notamment en informatique – il n’a pas été facile de trouver du personnel spécialisé dans ce secteur. Et il faudrait encore étoffer l’équipe, dans l’idéal, en trouvant notamment des experts pour le traitement des banques de données. Des latins seraient également bienvenus: une seule Romande fait aujourd’hui partie de l’équipe.

Source : RTS Info