Le fédéralisme contre les manipulations politiques – Lausanne 30.05.2018

Le marketing politique est désormais équipé de puissants outils qui permettent d’influencer l’issue des scrutins. Canal de propagation de nombreuses manipulations politiques, le réseau social Facebook s’est récemment retrouvé au cœur d’un scandale lié à la diffusion de données personnelles des utilisateurs.

La Suisse est cependant relativement immunisée contre la propagande politique moderne (fake news, big data, astroturfing, etc.) grâce au fédéralisme et à son système politique de milice. C’est l’hypothèse que nos deux conférenciers viendront défendre, en s’appuyant sur les travaux du philosophe et mathématicien Nassim Nicholas Taleb.

Selon Taleb, la Suisse est le pays le plus anti-fragile du monde. Il définit l’anti-fragilité par la capacité non pas à résister à un choc mais à en profiter. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste identique; ce qui est anti-fragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui est modifié sur la longue durée, à l’instar de notre système politique.

M. Alain Mermoud est doctorant à HEC Lausanne. Il a développé un intérêt marqué pour l’œuvre de M. Taleb après l’avoir côtoyé professionnellement dans le monde bancaire. M. Kilian Cuche est étudiant en sciences de l’information et réalise actuellement une étude sur les besoins et pratiques en Intelligence Economique dans les partis politiques suisses. Ils nous présenteront ce sujet mercredi prochain 30 mai, à 20 heures, dans les locaux de la Ligue vaudoise, place du Grand-Saint-Jean 1 à Lausanne.

Source : Ligue Vaudoise

Objets connectés et guerre de l’information

Les objets connectés – des estimations nous en promettent 30 milliards pour 2020 – posent d’évidents problèmes de sécurité :

Un objet connecté réunit quatre caractéristiques particulières, tout en continuant à remplir ses anciennes fonctions triviales (transporter, mesurer, chauffer, recouvrir, etc.)

– Il capte des informations (qui sont à la fois des données susceptibles d’être stockées et traitées, et des « nouvelles » en ce sens qu’elles reflètent des changements instantanés.

– Il traite ces informations en fonction d’algorithmes (ou elles sont traitées par le système auquel il est relié) ; il se livre donc à des opérations de calcul qui se formulent souvent comme des propositions adressées à un être humain (qu’il s’agisse d’aller acheter du lait ou de diminuer son rythme de course).

– Il fait ou il prend des décisions comme de changer un réglage.

– Il communique, puisqu’il est en relation avec Internet donc potentiellement avec un univers de traitement et diffusion d’une quantité inimaginable de données.

Ces caractéristiques sont à évaluer en fonction des trois types de stratégies offensives que permet ou que favorise le numérique : acquisition de données confidentielles d’une victime (espionnage ou surveillance), perturbation de systèmes ciblés (sabotage, paralysie…) et enfin action sur le cerveau humain et sur ses croyances (illusions,propagande, manipulation…)

Si nous tentons maintenant de croiser les deux grilles, nous devons tenir compte que les objets connectés, du fait de leur conception, de leur faible prix, de leur nouveauté, de leur modestie apparente, etc sont a priori moins bien sécurisés ou font l’objet de moins de précautions que des ordinateurs, par exemple, dont tout le monde pense qu’ils peuvent faire l’objet de cyberattaques.

Source : huyghe.fr

Nachrichtendienstchef Hans Wegmüller über den Spionagefall Daniel M.

Im Fall von Daniel M. scheint es zu einer Gemengelage von nachrichtendienstlicher Aufklärung, Strafverfolgung sowie persönlichen Intrigen und Abrechnungen gekommen zu sein. Solche Entwicklungen sind für eine nachrichtendienstliche Operation grundsätzlich sehr heikel. Wenn dann noch so schillernde Persönlichkeiten wie der frühere deutsche Agent Werner Mauss involviert sind, wird es endgültig unübersichtlich. Zudem hat es offenbar auch Missverständnisse in der Kommunikation zwischen der Bundesanwaltschaft und dem NDB gegeben.

Ist das neue Nachrichtendienstgesetz aus Ihrer Sicht tauglich?

Ja, mit diesem Gesetz kann man arbeiten. Sie müssen sich vorstellen, als ich 1978 in den Auslandnachrichtendienst eintrat, existierten noch kaum gesetzliche Grundlagen. Wir haben nachrichtendienstlich einfach das getan, was wir für richtig hielten. Erst nach und nach folgten erste Weisungen und gesetzliche Vorgaben. Mit dem heutigen Gesetz lässt sich die Arbeit des Nachrichtendienstes von aussen auch viel besser beurteilen, als es je der Fall war. Allerdings bewegt man sich in Bezug auf die Anzahl Kontrollorgane definitiv an der obersten Grenze.

Wie findet der Nachrichtendienst Leute, die sich in eine terroristische oder mafiöse Organisation einschleusen lassen?

Schon die Suche nach Personen, die als Quellen infrage kommen, ist sehr aufwendig. Bevor man auf eine Zielperson zugehen kann, sind zudem umfangreiche Abklärungen notwendig: Wer ist die Person, wie sieht ihr Umfeld aus, was sind ihre Schwächen, wie lange dauert es, bis die Person in die gewünschte Position gebracht werden kann, welches sind ihre wirklichen Zugänge usw. Erst dann kommt der Quellenführer zum Zug, dessen Aufgabe wiederum viel Erfahrung, grosses Fingerspitzengefühl und oft viel Zeit erfordert. Insbesondere in islamistischen Kreisen ist es äusserst schwierig, Quellen einzuschleusen, weil solche Organisationen ideologisch besonders kompakt und homogen sind.

Wie beurteilen Sie die Gefahr einer politischen Beeinflussung durch ausländische Kräfte?

Man muss dieses Phänomen sehr ernst nehmen, doch wirklich neu ist diese Form der Bedrohung nicht: Schon die Sowjetunion beherrschte die Kunst der Desinformation meisterhaft. Russland hat dies systematisch weiterentwickelt und nutzt die Möglichkeiten von Cyber-Operationen heute mit grossem Erfolg. Es ist sehr anspruchsvoll, dagegen vorzugehen.

Source : NZZ