Contribution à la revue Hors-Texte: “La veille technologique et scientifique au service de l’écosystème fédéral de la cyberdéfense”

Hors-Texte est le bulletin de l’association genevoise des bibliothécaires et professionnels diplômés en information documentaire (AGBD) publié deux fois par année. Il propose des articles sur les problématiques bibliothéconomiques et cherche à donner un aperçu de ce qu’il se passe dans le monde des bibliothèques d’ici et d’ailleurs.

Le dernier bulletin, publié ce mois-ci, a pour thème la veille et inclut un article rédigé par trois membres de l’équipe Swissintell: “La  veille technologique et scientifique au service de l’écosystème fédéral de la cyberdéfense” à la page 66.

Par ailleurs, Swissintell a le plaisir de soutenir cette jeune revue avec une page informative sur nos activités.

Vous pouvez accéder au dernier numéro de la revue ainsi qu’aux précédentes publications :

L’OSINT, ou comment le citoyen peut aider à lutter contre la désinformation

La guerre en Ukraine apporte un flux quasi ininterrompu d’images et de vidéos postées sur le web et les réseaux sociaux. Cette nouvelle dynamique a donné naissance à une véritable communauté du renseignement participatif composée de spécialistes, de journalistes ou d’amateurs éclairés se réunissant derrière l’appellation “OSINT” pour “Open Source Intelligence”.

Une des spécificités de la guerre en Ukraine, c’est sa grande visibilité sur le web. Or, l’OSINT combine fact-checking (vérification des faits) et analyse de données. L’OSINT comme “Open Source Intelligence” (“renseignements qui proviennent de sources ouvertes” en français) désigne ainsi la capacité de produire des faits vérifiés sur la base d’informations disponibles en ligne.

C’est grâce à ce nouvel outil que l’avancée des troupes russes en Ukraine a pu être observée. Et c’est également grâce au travail des “osinteurs”, comme on appelle les spécialistes de l’OSINT, que les images satellitaires sur la ville de Boutcha ont pu livrer leurs secrets, démontrant que le massacre qui y a eu lieu n’était pas une “mise en scène”, comme le prétend Moscou.

L’OSINT permet ainsi de géolocaliser, de recontextualiser et d’authentifier par exemple une vidéo ou une photo issue du web, ce qui est essentiel dans un contexte de propagande de part et d’autre. Une fois vérifiées, ces images permettent par exemple de comprendre soit la logique des mouvements de troupes de soldats, soit l’endroit exact où se déroulent des frappes aériennes. Les “osinteurs” savent que les réseaux sociaux sont devenus un endroit où on collecte des preuves qui peuvent influencer l’issue d’une guerre.

Cette technique existe depuis quelques années déjà, mais elle a pris plus d’ampleur avec le conflit en Ukraine, comme l’explique dans La Matinale Olivier Le Deuff, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’Université Bordeaux Montaigne. “L’OSINT est une technologie déjà assez ancienne. Ça avait déjà commencé lors du conflit syrien. Cela vient du monde du renseignement et petit à petit on a vu une expansion de cet outil dans le domaine du journalisme et parmi les amateurs.”

Concrètement, à Boutcha, l’objectif a été de “resituer les exactions dans une temporalité”, comme le détaille le chercheur. “Le New York Times et son équipe de spécialistes ont pu démontrer qu’il y avait des traces de cadavres qui étaient faciles à remonter avec l’image satellitaire.”

Source et article complet : RTS

La Suisse est dans le Top 3 des destinations les plus prisées pour l’espionnage industriel

A la tête d’une agence genevoise spécialisée dans l’intelligence économique, Alexis Pfefferlé estime que cette discipline, consistant pour les entreprises à obtenir des informations en vue d’avantages concurrentiels, n’est pas encore prise assez au sérieux.

Alexis Pfefferlé, qu’entend-on exactement par intelligence économique?

 Il existe à peu près autant de définitions que d’intervenants, mais, pour faire court, disons que c’est l’ensemble des activités coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion de renseignement utiles aux acteurs économiques pour obtenir un avantage stratégique et compétitif. Le but est de récolter des informations sur le marché, la concurrence, les produits qui existent, de façon à anticiper l’émergence de nouveaux produits, anticiper la concurrence, anticiper les problèmes.

 Vous laissez entendre que la Suisse ne brille pas beaucoup en intelligence économique. Pourquoi?

 Cela tient à la composition de notre tissu économique. Le berceau de l’intelligence économique, c’est un peu la France. Nos voisins ont développé cette activité parce que leur tissu économique est composé pour l’essentiel de grandes entreprises ayant des liens avec l’Etat. Il y a eu donc un glissement des activités de renseignement, qui était celles de l’Etat, vers le secteur privé, pour aider les grands groupes à obtenir des avantages compétitifs sur des marchés étrangers. La Suisse, elle, dispose d’un tissu économique composé majoritairement de PME qui n’ont pas forcément les ressources, ni la connaissance, ni le besoin de pratiquer ce genre d’activité. Nous sommes donc en retard sur ce point.

Source et article complet : MIGROS MAGAZINE